Notre Soleil une étoile variable
Dimanche 31 décembre 2006Article par : Guy Jasmin
Lorsque nous parlons d’étoile variable dans les livres d’astronomie on fait toujours référence aux étoiles dont le changement d’intensité lumineuse est soit visible à l’œil nu ou soit capté par des instruments conçus à cette fin.
En 1912 HENRIETTA LEAVITT ( 1868-1921 ) astronome américaine trouva la première étoile variable dans la constellation CÉPHÉUS. Le nom de CÉPHÉÏDE fut alors donné à cette étoile. Sur les cartes du ciel de l’ATLAS 2000 on peut la trouver par le chiffre et la lettre grecque 27 DELTA.
Elle étudiait et comparait les étoiles d’un groupe de CÉPHÉÏDES situées dans le petit nuage de MAGELLAN, lorsqu’elle se rendit compte que plus l’intensité apparente d’une CÉPHÉÏDE était grande, plus sa période de pulsion entre deux maximum de luminosité l’était également. Or ces étoiles variables étant toutes dans le petit nuage de MAGELLAN, elles étaient donc toutes à la même distance de nous, ou presque, compte tenu de la très grande distance qui nous y sépare.
HENRIETTA LEAVITT en trouva plus de 2000 autres et toutes avaient la même caractéristique : ces étoiles étaient de couleur ORANGE. 27 DELTA CÉPHÉUS avait des pulsions très régulières sur une courte période de 5 jours et elle passait de la magnitude de 3.48 à 4.37 . On se servit pendant longtemps de ce type d’étoile pour mesurer les distances ” lumière ” d’amas d’étoiles dans l’univers et des galaxies les plus proches.
Autre fait étonnant, ces étoiles variables avaient des périodes de pulsions qui d’une à l’autre pouvait varier entre 1 jour et 100 jours. Plus le temps de pulsion était long plus grosse était l’étoile. Ce qui revient à dire qu’une étoile qui a un temps de variation de 5 jours était moins grosse que celle qui avait un temps de pulsion de 25 jours.
Bien que les CÉPHÉÏDES soit de couleur ORANGE il y avait d’autres types d’étoiles variables que l’on nommait des étoiles de type MIRA. Or ces étoiles, quant à elles, étaient de couleur ROUGE. La plus célèbre était l’étoile MIRA dans la constellation de la BALEINE (CÉTUS) qui pulsait d’une magnitude de 2 à une magnitude de 10.1 ce qui est énorme.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les autres étoiles du même genre avaient le nom d’ “ETOILE DE TYPE MIRA”. Cependant pour l’étoile MIRA aujourd’hui nous savons que ses pulsions sont causées par un nuage de poussière qui est en orbite autour d’elle. Comme nous le voyons par la tranche, et que ce disque de poussière est de densité inégale, lorsqu’il est rendu dans sa partie la plus opaque, la luminosité de l’étoile diminue à 10.1 de magnitude. Aussi ce nuage prend 332 jours à faire un tour complet sur lui même, alors si cette étoile était classée comme une CÉPHÉÏDE elle serait un monstre en fait de grosseur. Car comme je le mentionnais plus haut, plus le temps de pulsion de la lumière est long, plus l’étoile est de dimension importante.
Il existe également d’autres types d’étoiles variables que l’on désigne sous le nom de ” systèmes double “. Si une des deux étoiles est plus pâle que l’autre lorsqu’elle passe devant la plus brillante, elle occulte un peu sa lumière, faisant en sorte que vue de chez nous, elle diminue en fonction de la luminosité de celle qui est la plus pâle. Celle la plus facile à observer est située dans la LYRE et porte le nom de SHELIAK ou 10 BETA de la LYRE. Sa magnitude varie entre 3.34 et 4.34 ce qui est considérable en fait de changement de brillance. Son spectre passe de B7 à A8 ( blanc bleuté à blanc). Nous avons aussi l’étoile VÉGA qui a un nuage de poussières en orbite autour d’elle mais son changement de luminosité est imperceptible à l’œil nu.
Dans le cas des étoiles comme la nôtre qui semble a priori solitaire ??? et afin de savoir si oui ou non elles sont elles aussi variables, et bien dans l’univers toutes les étoiles le sont un peu. Ce petit côté de variabilité est dû à la formation de taches plus sombre sur leur surface, ce qui en diminue la lumière qui s’en échappe. On peut donc affirmer sans commettre d’erreur que OUI notre étoile est elle aussi variable.
L’activité qu’il y a sur le soleil et qui se traduit par l’apparition des taches noires cependant n’affaiblit pas de façon spectaculaire son changement de brillance. On peut dire que sa diminution de lumière serait de l’ordre d’au plus 1/1000 de 1% et ce, quand il y a beaucoup de taches à sa surface.
Si jamais notre soleil augmentait sa luminosité de seulement 1%, ici sur Terre ce serait la fin de toute vie. Une telle augmentation de lumière aurait pour résultat de tout brûler à la surface car les photons de lumière seraient si intenses qu’ils réduiraient en cendre et en vapeur tout ce qu’il y a sur la planète. Nous ne pourrions survivre également au bombardement des rayons gamma, ultra-violet, infra-rouge etc. lesquels seraient aussi proportionnels à cette augmentation de lumière.
Il est donc préférable que sa variabilité reste telle que nous la connaissons car s’il se produisait un flash d’hélium à sa surface et que sa durée, même si elle ne dépassait pas 1/100 de seconde, cela serait encore suffisant pour nous brûler instantanément. Du moins pour la partie de la Terre qui serait face à lui, soit le côté ou il fait jour.
(2ème d’une série de 12 articles…)